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Les Sirènes


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Choeur et piano
Autres versions Les Sirènes (Choeur et orchestre)
Texte Charles Grandmougin
Date 1911
Création

Le 19 mars 1912 par les chœurs Engel-Bathori sous la direction de Louis Aubert et Lili Boulanger (piano) chez Madame Boulanger (36 rue Ballu à Paris)

Durée 6min
Dédicataire

Jane Engel-Bathori

Commentaire


Les deux vers initiaux, « Nous sommes la beauté qui charme les plus forts, Les fleurs tremblantes de l’écume et de la brume », inspirent à Lili Boulanger une atmosphère subtile et feutrée. Une large mélodie se déploie sur un ostinato de basses immuables, en syncopes, qui procure une sensation de mystérieuse incertitude. Les voix s’entrelacent étroitement, avec un lyrisme d’une intime délicatesse et quelques intonations douloureusement chromatiques. Un nouvel ostinato s’installe dès la deuxième strophe, plus fluide et transparent, évoquant à merveille le miroitement des ondes ; les harmonies se renouvellent continuellement pour participer à cet enchantement. Après un bref instant où le temps reste en suspend, l’ostinato reprend : il accompagne désormais une progression expressive vers une culmination, pour souligner le pouvoir de séduction de ces créatures surnaturelles. À nouveau le temps s’arrête, une guirlande mélodique se déploie sur un large ambitus. C’est le retour de la première strophe avec ses harmonies flottantes et délicieusement étranges, son climat onirique à la lisière du monde des morts.

Cette œuvre témoigne d’une évolution très significative dans l’écriture de Lili Boulanger, non seulement sur le plan de l’écriture chorale, si naturelle désormais, et par la singularité de son harmonie libre et délicatement audacieuse. Elle illustre aussi sa capacité à exprimer des émotions subtiles ; ici, l’ensoleillement de sa palette sonore est en parfaite osmose avec la nécessité d’explorer la pénombre et de partager secrètement des sentiments de profonde tristesse.

Éditions


© 1918-1981 by Schirmer

Remarques


En 1905, Nadia Boulanger a composé, sur ce même poème, un chœur pour 4 voix de femmes et piano, dont elle a réalisé l’orchestration (Les Sirènes).

L’édition actuellement disponible n’est pas conforme au manuscrit original de Lili Boulanger pour trois voix de femmes et piano. Une édition révisée est en projet.