Versailles
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Albert Samain |
| Date | 1906 |
| Création | Le 30 octobre 1906 par Jane Bathori (mezzo-soprano) et Nadia Boulanger (piano) au Grand Palais des Champs-Élysées à Paris dans le cadre du Salon d’automne |
| Durée | 3min |
Commentaires
Les jardins de Versailles, un après-midi d’automne. Le poète les traverse avec émotion, s’émerveille de leur beauté et se laisse gagner par la tristesse d’un monde révolu. Le piano installe, avec un ostinato « monotone et très estompé », une sensation d’intemporalité ; la voix déploie, dans son registre grave, « calme et triste », une courbe modale intimiste. Changement de registre pour la deuxième strophe, à la faveur du vers « Les ardeurs de l’été », et contraste plus sensible encore dans la strophe suivante où l’harmonie module vers les tons lumineux pour évoquer l’or et les parfums de la saison qui décline. La dernière strophe conclut dans la tonalité initiale de sol mineur, avec solennité et douceur, les basses du piano redoublant la voix à la double octave inférieure ; une émotion profonde, obtenue par des moyens d’une grande simplicité. Et tandis que les accords du piano s’enfoncent dans le registre grave, la voie déploie une élégante courbe lyrique, très intimiste, le mi bécarre sur « dans la nuit » apportant une ultime touche de lumière.
Éditions
© Heugel 1914
© Leduc 2003
Remarques
Cette mélodie est parue dans le volume I des Mélodies pour voix moyenne.
© Anthony Girard