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Vers la vie nouvelle


Nadia Boulanger
Effectif piano
Date 1915
Création

Le 4 février 1917 par Nadia Boulanger (piano) à Paris

Durée 4min

Commentaires


« Dans l’atmosphère lourde se sont infiltrés le doute, le découragement. Mais des sons lointains, clairs, purs, s’élèvent, et vers l’espoir d’une vie meilleure, l’homme marche, confiant, tendre et grave ». Tels sont les mots que Nadia Boulanger place en tête de sa partition achevée le 19 novembre 1915 et intégrée à l’ouvrage Les Écoles de l’avenir – Écoles régénératrices de Lisa Frouin en faveur des familles défavorisées. En ces années de guerre, toutes ses pensées sont tournées vers ces hommes qui souffrent et meurent sur le front, et la composition n’apparaît plus comme une des priorités de sa vie. Cela donne à cette œuvre, une des dernières de son catalogue, une valeur toute particulière (les mélodies composées ensuite sont écrites dans un état d’esprit et un langage musical très différents).

Si elle débute par une écriture sombre et tendue révélatrice de l’angoisse latente, cette pièce a pour objectif de garder foi en l’avenir et d’entrevoir des jours meilleurs, dédiés à la paix. Le ton de do mineur, des sonorités serrées dans le registre grave, une note pédale obstinée rythmée en syncope, des lignes aux contours tortueux qui s’épaississent peu à peu sur un plus large ambitus, tels sont les éléments les plus significatifs de la première section de l’œuvre, qui débutait dans un murmure pour atteindre un véritable paroxysme, d’envergure orchestrale.

La seconde section nous fait entendre dans le lointain des sonorités de clairons à travers une brume de doubles croches disposée dans l’aigu. La sonorité s’éclaircit peu à peu, amenant la section conclusive où le ton de do majeur favorise l’éclosion de la pleine lumière dans un tempo tout à fait apaisé. Les notes aigues installent un nouvel ostinato, cristallin, et, dans la douceur s’élève un hymne rayonnant. Une deuxième phrase, plus expressive, dans le registre medium, amène une touche de tendresse, une émotion plus soutenue.

La pièce s’achève avec une réminiscence des clairons de la seconde section, dont la sonorité se dilue peu à peu dans le registre suraigu. Quelques notes sombres rappellent discrètement les terreurs passées, et la pièce se termine sur un accord parfait diaphane.

 

© Anthony Girard

Éditions


© Ricordi 1918, 2012

Enregistrements