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Soir d’hiver


Nadia Boulanger
Effectif une voix et piano
Texte Nadia Boulanger
Date 1914-1915
Durée 3min

Commentaires


Pendant la Grande Guerre, Nadia Boulanger écrit ce poème en hommage à toutes les femmes dont le mari est parti au front, et dont elles ignorent s’il est toujours en vie, avec le désir d’en réaliser une composition pour voix et piano, puis pour voix et orchestre. Cette petite scène lyrique se déroule en quatre temps : une femme pleure en berçant son jeune enfant ; son âme est triste, mais elle tente d’entrevoir pour lui un avenir heureux. La voix énonce le texte avec simplicité ; les mots sont entrecoupés de silences qui laissent deviner des sanglots. L’écriture au piano, à deux voix, traduit cette solitude amère avec simplicité. Le piano évoque alors un carillon, associé à la joie de Noël, et la ligne vocale est semblable à une chanson enfantine. Cela pour mettre en valeur aussitôt la douleur, l’inquiétude et le sort incertain qui menace le père de l’enfant, avec une écriture plus intense, plus mouvementée. Dans l’épisode suivant se succèdent l’expression de la désolation, de l’impatience, de la tendresse amoureuse, et pour conclure, c’est l’espoir qui prend le dessus : le piano déploie une majestueuse fanfare, sur laquelle la voix s’élève « avec un grand enthousiasme intérieur ». Ainsi, aux tourments de l’âme, à l’expression d’une douleur très intériorisée, succède un généreux lyrisme, d’une grande noblesse, qui rayonne dans le ton lumineux de fa dièse majeur. La scène lyrique s’achève cependant à mi-voix, dans un sentiment de paix. La femme tourne à nouveau son regard vers l’enfant, symbole de vie, « avec une profonde émotion ».

Éditions


© Hamelle 1916
© Leduc 2003

Remarques


Cette composition est parue dans le volume I des Mélodies pour voix moyenne.
Il existe une version inédite pour voix et orchestre qui a été créée par un orchestre composé d’artistes de la Société des concerts du Conservatoire de Paris sous la direction de Nadia Boulanger le 10 décembre 1915 au Théâtre Sarah-Bernhardt à Paris lors d’une matinée exceptionnelle donnée pour « L’École des mutilés de Lyon » et « Le Vestiaire des blessés » par Marthe Chenal (soprano).

 

© Anthony Girard

Enregistrements