Pour les funérailles d’un soldat
| Effectif | choeur, solistes et orchestre |
| Autres versions | Pour les funérailles d’un soldat (choeur et piano) |
| Texte | Alfred de Musset |
| Date | 1913 |
| Création | Le 7 novembre 1915 avec Alexis Ghasne (baryton) et le chœur des Concerts Colonne-Lamoureux par l’orchestre des Concerts Colonne-Lamoureux sous la direction de Gabriel Pierné à la salle Gaveau à Paris |
| Durée | 9min |
| Dédicataire | Georges Caussade |
Commentaires
Sur une cellule rythmique caractéristique de la marche funèbre, traitée en ostinato aux timbales et tambour pianissimo, les bois et cors dans leur registre grave évoquent une atmosphère de deuil et de recueillement, à laquelle trompettes et trombones apportent une nuance de froide solennité, les cordes une touche d’humaine désolation. Entrent les voix de basses pour déclamer le texte (« Qu’on voile les tambours … »), introduisant aux cordes la prière des morts, et son intonation grégorienne, si aisément reconnaissable, associée au Dies Irae. La seconde partie de la première strophe (« Nous voulons au tombeau porter le capitaine… ») est énoncée deux fois, la première avec énergie, aux ténors, dans un élan déclamatoire, la seconde débutant au chœur a cappella (sur lequel se détacheront des sonorités de cloches), dans une nuance atténuée, une écriture vocale proche de l’ancien organum. Il y a alors une rupture de tempo, une écriture plus agitée, pour introduire la seconde strophe (« Si ces rideaux de pourpre…) au baryton solo : phrase pleine de noblesse qui procède par élans vers le registre aigu jusqu’à la culmination orchestrale, brève et théâtrale. La section conclusive reprend le texte initial, le chœur débutant à mi-voix pour se perdre peu à peu dans le silence. En contrechant, le Dies Irae en valeurs élargies est énoncé comme un choral, tandis que timbales et tambour réitèrent jusqu’à la fin une même cellule rythmique emblématique de la mort.
Nadia Boulanger a réalisé une transcription pour orgue ; le manuscrit reste à ce jour perdu. Cependant, la troisième épreuve corrigée de la partition pour chœur et piano porte des registrations pour grand orgue, des indications pour l’exécution et la traduction des paroles françaises en latin. Elle a joué cette transcription le 29 mars 1919 au Théâtre des Champs-Élysées lors du Festival de bienfaisance au profit des Veuves et des Orphelins de la Guerre.
Pour cette œuvre (et pour Renouveau, composé l’année précédente), Lili Boulanger obtient le 7 février 1913 le Prix Lepaulle de l’Institut de France.
© Anthony Girard
Éditions
© Ricordi 1916 puis 1918
© Durand 1999