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Poème d’amour


Nadia Boulanger
Effectif une voix et piano
Texte Armand Silvestre
Date 1907
Durée 2min

Commentaires


Comme pour d’autres de ses mélodies composées dans ces années-là, Nadia Boulanger nous a laissé un manuscrit inachevé, notamment dépourvu d’indications de tempo et de nuances. La musique parle cependant d’elle-même, et les interprètes n’auront pas de difficultés à restituer le caractère inquiet, presque haletant, de la première strophe ; au piano, une note obstinée répétée en syncope, des chromatismes continuels correspondent à la montée du désir. La deuxième strophe se déploie dans une tonalité nouvelle, une écriture plus soutenue, où la voix gagne en lyrisme jusqu’à la culmination (« C’est de survivre à mon tourment ») qui évoque brièvement le moment de bravoure d’un air d’opéra. La troisième strophe renouvelle le caractère haletant et l’écriture syncopée des mesures initiales à travers une tonalité incertaine, puis évolue vers une certaine emphase, Nadia Boulanger faisant le choix de répéter « toi seule pourras le tarir ». Enfin, la dernière strophe, sans déroger au principe de la mélodie continue, reprend la syncope des mesures initiales et ses enchaînements d’accords si déroutants et inventifs, pour conclure sur un accord lumineux de sol majeur. Car, si le poème s’achève sur une image funèbre (« car j’ai soif de mourir »), il s’agit bien ici d’une réponse favorable au sentiment amoureux. Cette mélodie est particulièrement révélatrice de la sensibilité intime de la jeune musicienne et de la spontanéité de son écriture vocale.

Éditions


© Leduc 2020

Remarques


Cette mélodie est parue dans le volume III des Mélodies pour voix moyenne.
La mélodie Le beau navire, composée trois après, est une version renouvelée de celle-ci, sur un poème de Georges Delaquys.

 

© Anthony Girard

Enregistrements