Pièce sur des airs populaires flamands
| Effectif | orgue |
| Date | 1915 |
| Création | Le 22 mars 1915 par Nadia Boulanger (orgue) dans le cadre de l’Union des femmes professeurs et compositeurs de musique à la salle Æolian à Paris |
| Durée | 6min |
| Dédicataire | Lili Boulanger |
Commentaires
Nadia Boulanger commence l’étude de l’orgue dès l’âge de neuf ans. Elle bénéficie de l’enseignement de Louis Vierne et d’Alexandre Guilmant. Dès ses quinze ans, elle se produisit en concert avec cet instrument. Cependant, si elle a parfois eu recours à l’orgue dans des transcriptions, de ses œuvres ou de celles de Lili Boulanger, elle a peu composé pour cet instrument. Cette Pièce sur des airs populaires flamands se présente comme un enchaînement de six sections, chacune dédiée à un air différent : le premier « rythmé, lourd, pas trop vite », au Grand Orgue, à C barré, en mi mineur ; le deuxième « Un peu plus vite », au Positif, à deux temps, en la éolien ; le troisième « assez lent », au Pédalier, très doux, en ré dorien ; le quatrième « assez vite », avec un joli timbre de Cor de nuit, à deux temps, en ré éolien ; le cinquième, « Pas vite », au Grand Orgue, à trois temps, en sol majeur ; et enfin le sixième, « Vite », à deux temps ternaires, à la manière d’une ronde joyeuse, toujours en sol majeur. Une brève accélération amène la péroraison fortissimo. Pour compenser l’extrême simplicité des thèmes, tous issus d’un recueil de chants traditionnels, Nadia Boulanger réalise des accompagnements d’une facture ouvragée, qui se renouvellent pour chaque section. À certains moments, comme dans les deux dernières sections, elle ne se prive pas d’utiliser des harmonies tonales très simples. Il faut cependant souligner certains écarts stylistiques particulièrement significatifs : par exemple, entre les airs n° 1 et 2, des accords énigmatiques apparaissent dans le grave, l’un d’entre eux se prolongeant au début de l’air suivant pour créer un mystérieux fondu-enchaîné. Plus loin, lors de l’air n° 3, la compositrice introduit dans les voix secondaires, à des fins expressives, des lignes chromatiques. Au moment de conclure, la juxtaposition entre un langage harmonique d’inspiration populaire et des accords de couleur dépourvus de fonction tonale apporte un effet de surprise.
Éditions
© Ricordi 1918
© Anthony Girard