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Pie Jesu


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Voix soliste et petit ensemble
Texte Extrait de la liturgie catholique de la Messe des morts
Date 1918
Création

Le 6 mars 1921 par Germaine Cernay (mezzo-soprano), le quatuor de la Société de propagande musicale et Nadia Boulanger (orgue) à la salle de la Lyre havraise dans le cadre de la S.P.M. dans le cadre d’une conférence donnée par Nadia Boulanger

Durée 5min

Commentaire


Les paroles du Pie Jesu correspondent aux deux derniers versets de la séquence Dies Irae de la Messe des morts. Ce texte exprime un sentiment de confiance (Pie jesu/Doux Jésus), de rémission (Dona eis requiem/Donne-leur le repos) et d’acceptation (Amen). Cette composition, connue pour être la dernière, a été dictée à Nadia Boulanger par sa sœur en état de faiblesse, avec la certitude de sa mort imminente. Toute la première partie de l’œuvre exprime un sentiment de résignation et de désolation, avec une écriture dépouillée d’une grande intensité (tierces chromatiques, tonalité mineure avec minorisation du VIème degré, intonation plaintive s’appuyant sur la tonique abaissée : sol bémol – fa en sol mineur). Un crescendo progressif aboutit à une première culmination. La deuxième section, un peu plus animée, revient à une nuance pianissimo et installe une harmonie sombre et angoissée sur laquelle vient se poser le retour de l’intonation dolente des mesures initiales. À l’issue d’une seconde culmination, plus atténuée, débute la troisième partie, en mode majeur. Le tempo devient très lent, la nuance extrêmement douce, l’entrée de la harpe apportant une transparence salutaire et l’orgue une registration plus lumineuse. Le chromatisme des voix secondaires s’efface peu à peu, laissant la place au diatonisme, symbole d’apaisement, et la voix, qui reprend l’intonation grégorienne des mesures initiales, doit chanter « sans couleur » pour donner la sensation de venir de l’au-delà tandis que s’ouvrent les portes de l’éternité. L’œuvre a été interprétée pendant la messe commémorative de la mort de Lili Boulanger à l’église de la Trinité à Paris, tradition qui s’est poursuivie chaque 15 mars de 1918 à 1998.

Éditions


© 1922 by Durand

Remarques


En 1924, une réduction pour chant et orgue est parue aux Éditions Durand. Une version pour voix et piano et une « orchestration à défaut d’orgue » de la main de Nadia Boulanger sont restées inédites.