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Nocturne


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Duo
Date 1911
Création

violon et piano : le 17 décembre 1915 par Émile Mendels (violon) et Lili Boulanger (piano) au Petit Palais des Champs-Élysées lors des séances de musique dédiées aux Poilus dans le cadre de l’exposition « Cocardes de Mimi-Pinson » mise en place par Gustave Charpentier

flûte et piano : le 9 juin 1921 par Philippe Gaubert (flûte) et Nadia Boulanger (piano) à la salle Pleyel sous le titre « Audition d’œuvres de Lili Boulanger précédée d’une causerie de Camille Mauclair »

Durée 3min
Dédicataire

Marie-Danielle Parenteau

Commentaire


C’est avec un ostinato très simple, calme et régulier que débute cette pièce. Sur une harmonie suspensive sur dominante de fa majeur, la flûte (ou le violon) vient poser une mélodie tendrement expressive. Imperceptiblement, les intonations doucement persuasives, gagnent en intensité. Le tempo s’anime, la ligne mélodique évolue vers le lyrisme, l’exaltation et, portée par une suite de fusées ascendantes, parvient à une culmination intense : « très vibrant », précise Lili Boulanger sur la partition pour souligner cet apogée, suivi aussitôt d’une longue désinence, l’instrument soliste retrouvant les vertus du cantabile des mesures initiales, mais dans un registre plus clair. Le piano prend alors brièvement la parole, délicatement, pour signaler la coda placée sous le signe de l’extrême douceur, d’un éloignement progressif jusqu’aux marges du silence, traversant quelques zones ombragées avant de conclure paisiblement, dans une lumière éthérée.

Si la trame expressive de ce Nocturne est fidèle à l’héritage romantique, la pièce se distingue par la singularité de ses harmonies : notons en particulier le rôle subtil des notes altérées, au piano, qui confèrent au thème initial une ambivalence émotionnelle. Remarquons aussi avec quel éclat lumineux le thème module en mi majeur, alors que la tonique du ton principal n’est pas encore apparue. Admirons également l’aisance et l’audace des enchaînements harmoniques qui mènent à la culmination, et les colorations tamisées des dernières mesures qui contribuent à distiller un climat onirique.

Éditions


© 1918-1981 by Schirmer

Remarques


L’œuvre a été composée pour flûte et piano. Lili Boulanger avait envisagé une version pour violon solo ou flûte, clarinette, harpe et quatuor à cordes. En 1915, la pièce a été créée dans sa version pour violon et piano. Elle est parue en 1918 avec l’indication « pour violon ou flûte et piano ». Dans l’édition Schirmer, cette pièce est la première d’un diptyque intitulé Deux morceaux pour violon (ou flûte) et piano : I. Nocturne – II. Cortège. Il existe aussi plusieurs transcriptions, restées inédites, pour quatuor à cordes, harpe et orgue par Arthur Honegger, pour flûte solo et petit orchestre par Nadia Boulanger, et pour flûte et orchestre par Gaston Blanquart.