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Les Heures claires


Nadia Boulanger
Détail des pièces

I. Le ciel en nuit s’est déplié. II. Avec mes sens, avec mon cœur. III. Vous m’avez dit. IV. Que tes yeux clairs, tes yeux d’été. V. C’était en juin. VI. Ta bonté. VII. Roses de juin. VIII. S’il arrive jamais.

Effectif une voix et piano
Texte Émile Verhaeren
Date 1909
Création

Le 30 avril 1910 par Rose Féart (soprano), Rodolphe Plamondon (ténor), Nadia Boulanger et Raoul Pugno (piano) à la salle Pleyel à Paris

Durée 25min

Commentaires


Composé du 13 avril au 13 août 1909, le cycle Les Heures claires titre du recueil d’Émile Verhaerendésigne une suite d’instants placés sous le signe de la joie et de la sérénité. Si quelques ombres apparaissent, c’est toujours pour montrer comment elles se convertissent en lumière à la faveur d’élans de tendresse et de confiance toujours renouvelés.

Ce cycle de mélodies offre la singularité assez rare d’être signé à quatre mains, par deux compositeurs en étroite connivence : Raoul Pugno, pianiste de grande renommée, alors âgé de 57 ans, et Nadia Boulanger, son élève de 22 ans. Il est significatif, qu’au moment de s’engager dans cette collaboration, leur choix se soit porté sur un cycle de poèmes dédiés à l’amour conjugal, parmi les plus beaux de la langue française, d’une écriture finement ouvragée et d’inspiration tour à tour intime et lyrique. Le poète puise dans la nature des images qui reflètent sa ferveur ; qu’il s’agisse d’évoquer le silence de la nuit, la pureté du ciel, ou le vol des oiseaux, il s’agit toujours de métaphores amoureuses. Leur floraison culmine dans la septième mélodie, où les roses apparaissent tels des baisers : « Roses d’ardeur muette et de volonté douce ».

L’écriture vocale et instrumentale reflète deux aspects complémentaires qui pourraient correspondre aux apports respectifs de Raoul Pugno et de Nadia Boulanger. D’une part un lyrisme ardent et une générosité mélodique qui se déploient pleinement dans les moments d’exaltation. D’autre part, une écriture harmonique libre et recherchée, parfois modale, et un soin attentif à la prosodie, dans un souci de préserver la palette de couleur infiniment renouvelée. L’écriture du piano privilégie les figures obstinées sur lesquelles émergent par endroits de belles lignes expressives, sans jamais redoubler la partie vocale. Les tonalités sont choisies avec soin, avec un sens aigu de l’éthos tonal, de fa dièse majeur, pour un climat de rayonnement joyeux et ardent (V. C’était en juin…) à ré bémol majeur, pour une écriture intime, d’une religiosité recueillie (VI. Ta bonté).

Éditions


© Heugel 1910

Remarques


La partition est épuisée mais disponible sur le site du International Music Score Library Project (IMSLP)

 

© Anthony Girard

Enregistrements