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Le Retour


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Une voix et clavier
Texte Georges Delaquys
Date 1912
Création

Le 18 novembre 1913 par Lucienne Bréval (soprano) et Lili Boulanger (piano) au Palais d’Orsay dans le cadre de la soirée musicale « Rome-Athènes »

Durée 4min
Dédicataire

Hector Dufranne

Commentaire


Ce poème de Georges Delaquys, Le retour d’Ulysse, présente des similitudes avec le livret de l’opéra de Gabriel Fauré, créé en 1913. Si Lili Boulanger en avait eu connaissance, il pourrait s’agir de sa part d’un hommage discret. Le poème, qui évoque un vaste horizon se découvrant à travers la brume, sur le pont d’un vaisseau traversant les mers, est de nature à stimuler l’imagination de la jeune musicienne. Il lui offre également un récit, celui d’Ulysse de retour vers Ithaque, héros paisible en dépit des épreuves qu’il a traversées. Les deux vers liminaires, repris après chacune des deux strophes, favorisent une structure musicale équilibrée. La première témoigne d’un sentiment d’émerveillement, la seconde, un peu plus agitée, laisse apparaître succinctement les émotions d’Ulysse, sa joie de retrouver son fils chéri sans révéler la colère qui l’habite.

L’introduction au piano, en fa dièse majeur, est basée sur un ostinato irrégulier pouvant évoquer un léger roulis. Une ritournelle se déploie, avec des harmonies de couleurs proches de celles de Paul Dukas. La palette harmonique de Lili Boulanger renouvelle ses charmes à la fin de la 1ère strophe, quand le poète compare la mer à l’éclat des pierreries. C’est aussi sur ce mot « pierreries » que la voix atteint sa note la plus élevée : bref éclat, tandis que l’ensemble de la mélodie évolue dans le registre grave d’une voix de mezzo-soprano. La culmination de la 2ème strophe amène des harmonies plus rudes suggérant un orchestre latent : si ce bref paroxysme répond à une nécessité musicale, celle d’apporter une dimension théâtrale, il est sans relation avec le texte sinon pour dévoiler ce qui se trame au cœur de cet homme apparemment impassible. La mélodie s’achève dans une grande douceur, la mélopée initiale se perdant dans le lointain, l’ostinato disparaissant dans le silence.

Éditions


© 1919-1979 by Schirmer

© 2000 by Durand

Remarques


L’œuvre est déposée à la SACEM sous le titre Le Retour d’Ulysse bien que composée sur un poème intitulé La Nef légère. Les quatre mélodies de Lili Boulanger sont éditées en recueil, avec des intitulés différents : Quatre chants pour voix et piano par les Éditions Schirmer, et Quatre mélodies pour chant et piano par les Éditions Durand. L’ordre des mélodies n’est pas le même.