Dans l’immense tristesse
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Jean-François Bourguignon (Renée de Marquein) |
| Date | 1921 (avant) |
| Durée | 2min |
Commentaires
Cette mélodie met en musique un poème de Renée de Marquein, ancienne élève et amie de Nadia Boulanger. Pour commencer, le piano installe un caractère tragique, avec des accords lourds et sombres, dans la tonalité funèbre de mi bémol mineur. Dans un tempo un peu plus animé, des accords voilés s’élèvent ensuite vers le registre aigu : il s’agit d’opposer un sentiment d’angoisse, d’abandon, à une lueur d’espoir. La prosodie met en valeur chaque mot, d’abord avec un rythme rigoureux, une expression de gravité, ensuite plus librement, avec douceur. L’écriture met en scène une deuxième fois cette opposition de nuance, de tempo et de caractère. La troisième fois, la dimension tragique de l’énoncé initial est plus accentuée (« Mon cœur a frappé des portes closes »), et la réponse est différente : dans une nuance très atténuée et un tempo plus lent, des accords funèbres se succèdent, la voix énonçant sur quelques notes simplement le constat d’une solitude irrémédiable. Ici encore, et davantage encore que dans L’échange, Nadia Boulanger renonce aux prérogatives de la mélodie traditionnelle au profit d’une mini-saynète lyrique où domine, de manière intimiste, la théâtralisation des émotions.
Éditions
© Ricordi 1922
© Durand 2015
Remarques
Cette mélodie est parue dans le recueil de Six Mélodies, où sont réunies les dernières compositions vocales de Nadia Boulanger.
© Anthony Girard