Heures ternes
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Maurice Maeterlinck |
| Date | 1910 |
| Création | Le 7 avril 1910 par Jules Tordo (baryton) et Nadia Boulanger (piano) à la salle Érard à Paris |
| Durée | 2min |
Commentaires
Les Heures ternes de Maurice Maeterlinck sont le versant obscur des Heures claires d’Émile Verhaeren, poèmes dans lesquels Nadia Boulanger a puisé, l’an passé, les ressources de la joie. Les deux derniers vers, « Moi j’attends un peu de soleil / Sur mes mains que la lune glace », résument l’atmosphère endeuillée de cette émouvante mélodie. L’entrée de la voix est précédée au piano d’une longue introduction, toute en délicatesse, à jouer tristement : le chant, à la main gauche, se mêle étroitement à la figure obstinée de la main droite, l’ensemble contribuant à installer un climat de douloureuse rêverie. Cette douceur envoûtante sera interrompue soudainement par une exclamation (« Voilà les jours d’espoir passés ! »), puis se prolongera tout au long de la deuxième strophe avec des couleurs de plus en plus rares. La troisième strophe (« Encore des sanglots pris au piège »), qui débute avec une grande intensité, se poursuit par une animation progressive du tempo et culmine sur une supplication (« Ayez pitié de tout, mon Dieu ! »). Enfin, la quatrième débute dans la douceur, offre l’illusion de s’élever vers la lumière, l’espoir peut-être, mais se replie aussitôt vers la détresse. Un nouvel ostinato s’installe pour conclure ; subtilement, il s’accélère pendant que le tempo ralentit, et c’est dans un climat tout à la fois tragique et onirique que la mélodie s’achève, dans un sentiment d’abandon et de détresse. La poésie de Maurice Maeterlinck est ici portée par une écriture capable d’en révéler toute la mystérieuse profondeur.
Éditions
© Hamelle 1909, Leduc 2017
Remarques
Cette mélodie est parue dans le volume II des Mélodies pour voix moyenne.
© Anthony Girard