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Faust et Hélène


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Choeur, solistes et orchestre
Texte Eugène Adenis, d'après le second Faust de Goethe
Date 1913
Création

Le 8 novembre 1913 sous la direction de Henri Busser lors de la séance publique annuelle de l’Académie des beaux-arts, puis le 16 novembre 1913 avec Claire Croiza (mezzo-soprano), David Devriès (ténor) et Alexis Ghasne (baryton) et l’orchestre des Concerts Colonne sous la direction de Gabriel Pierné

Durée 30min
Dédicataire

Nadia Boulanger

Commentaire


Sous-titrée « épisode lyrique », cette cantate a été composée du 22 mai au 21 juin 1913 lors du concours du Grand Prix de Rome, à l’issue duquel Lili Boulanger obtient la récompense suprême. Elle s’était préparée durant des mois à cette épreuve contraignante sur un texte imposé, destinée à obéir à certaines règles académiques. À la grande majorité des voix, le jury fut conquis par cette partition réunissant toutes les qualités requises, notamment une grande intelligence dramatique et de réelles qualités d’écriture vocale et orchestrale. Le livret offrait aux aspirants une succession d’épisodes variés, aussi bien dans le registre de l’évocation (atmosphères fantastiques) que celui de l’émotion (scènes d’amour). La partition révèle les capacités de la jeune et talentueuse candidate à tirer le meilleur parti de toutes les situations. Elle parvient ainsi à créer un climat d’inquiétude, comme dans le Prélude qui témoigne d’une excellente assimilation des procédés wagnériens, mais aussi des moments d’effusion, où l’ombre de Jules Massenet est parfois perceptible. Âgée seulement de 20 ans, Lili boulanger était capable d’intégrer, si nécessaire, des intonations issues des pages les plus inquiètes de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, des marches harmoniques inspirées de Gabriel Fauré, des effets mystérieux qu’auraient approuvés Hector Berlioz ou Franz Liszt, des éclats de cuivres menaçants inspirés de Nikolai Rimsky-Korsakov. Sa technique orchestrale, des plus remarquables, lui permet d’avoir recours à une pâte sonore très dense comme à des effets de transparence et de légèreté. L’écriture vocale, parfaitement maîtrisée, se déploie dans un lyrisme qu’affectionnent les amateurs d’opéra, d’un romantisme juvénile, mais connaît aussi les vertus d’un récitatif ciselé qui révèle avec finesse l’état d’esprit de ses personnages.

Éditions


© 1920 by Ricordi

© 1999 by Durand

Remarques


La partition d’orchestre est mise en location par les Éditions Durand