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Écoutez la chanson bien douce


Nadia Boulanger
Effectif une voix et piano
Texte Paul Verlaine
Date 1905
Durée 6min

Commentaires


De cet admirable poème de Paul Verlaine, la jeune compositrice a su saisir toutes les nuances. L’injonction du poète, ébauchée par le titre, est celle d’écouter notre voix intérieure (« discrète, légère : un frisson d’eau sur la mousse ! »). Chaque strophe approfondit cette sagesse, parfois voilée, qui nous rappelle que « la bonté est notre vie », qui nous enseigne « la gloire d’être simple » et nous parle du « tendre bonheur d’une paix sans victoire ». La musique se renouvelle continuellement : intimiste et paisible pour commencer, elle devient sombre (« Mais à présent elle est voilée »), puis pathétique (« Comme une veuve désolée »), solennelle (« Pourtant comme elle est encore fière »), radieuse (« La vérité comme une étoile »), dramatique (« Rien ne reste la mort venue ») et enfin majestueuse (« La gloire d’être simple). Revenant au caractère de la première strophe, la talentueuse musicienne installe peu à peu, par un tempo de plus en plus lent, un climat de confiance et d’apaisement qui s’achève aux franges du silence, au moment d’énoncer le dernier vers (« Écoutez la chanson bien sage »). La ligne vocale est remarquable pas sa souplesse, sa fluidité, sa manière de resserrer ou d’étirer les syllabes avec une attention extrême à chaque mot.

Éditions


© Leduc 2020

Remarques


Cette mélodie est parue dans le volume III des Mélodies pour voix moyenne. Nadia Boulanger en a réalisé une version orchestrale, restée inédite.

 

© Anthony Girard

Enregistrements