Allons voir sur le lac d’argent
| Effectif | deux voix et piano |
| Texte | Armand Silvestre |
| Date | 1905 |
| Durée | 2min |
Commentaires
Le « poème à deux voix » d’Armand Sylvestre se décline en conversation amoureuse et badine, sur fond de clair de lune. Le ton de ré bémol majeur et les figures arpégées s’imposaient pour ce décor de convention, dans lequel la jeune compositrice de 18 ans introduit sa touche personnelle, notamment lorsque la voix de mezzo-soprano descend et que celle de ténor s’élève pour aboutir sur un merveilleux unisson, à la fin du deuxième vers (« Descendre la lune endormie »). Au même moment, l’harmonie s’égare vers des tonalités lointaines avant de revenir par enharmonie dans le ton principal, Nadia Boulanger suivant ainsi l’exemple de son maître Gabriel Fauré. Sur l’avant dernier vers (« Sur le lac d’argent »), la mezzo-soprano atteint sa note la plus grave, le ténor la plus aiguë, pour un bel effet de clair-obscur entre les deux voix, tandis que le piano installe à nouveau, par des figures obstinées, un climat propice à la rêverie dans le ton initial agrémenté d’une lumineuse touche lydienne. Aucune nuance n’apparaît sur la partition après la mesure 13, signe d’un manuscrit resté inachevé. Il est possible que Nadia Boulanger ait conçu cette composition comme un simple exercice de préparation aux épreuves du Prix de Rome qu’elle présentera l’année suivante.
© Anthony Girard
Éditions
© Leduc 2020
Remarques
Ce duo est paru dans le volume III des Mélodies pour voix moyenne.