Ach ! die Augen sind es wieder
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Heinrich Heine |
| Date | 1908 |
| Création | Le 19 février 1909 par Rodolphe Plamondon (ténor) et Nadia Boulanger (piano) dans le cadre d’un concert intitulé « Five O’Clock du Figaro » à Paris |
| Durée | 2min |
Commentaires
C’est la troisième des mélodies en allemand sur des poèmes de Heinrich Heine. Dès la première strophe, d’une ardeur juvénile, intime et passionnée, on décèle l’influence de Robert Schumann. L’harmonie, portée par une figure en triolets, ne s’éloigne pas du ton de fa majeur sinon pour y introduire quelques subtiles altérations porteuses d’émotion. La seconde section est particulièrement contrastante : la mélodie procède toujours par élans, mais elle est portée par une succession d’accords soutenus, inspirée de ces marches dont le compositeur des Dichterliebe connaissait le secret. Débutant « avec une expression découragée », la musique progresse vers une culmination, où la passion amoureuse et la détresse coïncident. Sont privilégiés ici les accords très pleins enchaînés par chromatisme descendant, comme pour souligner la détresse. Les couleurs restent sombres jusqu’au bout, à l’exception de l’accord final, lumineux, qui coïncide de manière subtile avec le mot « verdros » (« découragé »).
Éditions
© Hamelle 1909
© Leduc 2017
Remarques
Cette mélodie est parue dans le volume II des Mélodies pour voix moyenne. Elle est la deuxième d’un triptyque sur des poèmes d’Heinrich Heine (voir O schwöre nicht ! et Was will die einsame Thräne).
© Anthony Girard