La Ville morte
| Effectif | opéra |
| Texte | Gabriele d’Annunzio |
| Date | 1910-1913 |
| Durée | 120min |
Commentaires
Composé en étroite collaboration avec Raoul Pugno, La Ville morte est un opéra qui n’a malencontreusement pas été créé du vivant de Nadia Boulanger. Il n’en reste que la version pour voix et piano et des fragments de la partition orchestrale conservés à la BnF. L’action de cet opéra en quatre actes se déroule à Mycènes, sur un site de fouilles archéologiques. Les quatre personnages principaux – Léonard, archéologue (ténor), Hébé, sa sœur (soprano), Alexandre, un ami de Léonard (baryton) et Anne, son épouse (mezzo-soprano) – sont les protagonistes d’un drame dominé par les ombres d’Eros et de la Mort. L’écriture symboliste propre à Gabriele d’Annunzio est caractérisée par une tension latente ; ses personnages semblent habités par des forces obscures. Un lexique archaïsant, des métaphores rutilantes et une certaine emphase favorable au lyrisme étaient des aspects propres à séduire Nadia Boulanger et Raoul Pugno au moment d’envisager la composition d’un opéra de grande envergure où pouvaient s’épanouir toutes les ressources de leur palette émotionnelle.
L’étude de la partition pour voix et piano met en évidence l’extrême soin apporté à la prosodie, à la caractérisation des personnages et de leurs émotions. L’écriture vocale est fluide, parfois proche de la voix parlée, sans pour autant renoncer à l’effusion lyrique. L’écriture harmonique se renouvèle continuellement, privilégiant les teintes modales et une tonalité toujours mobile, attentive à la signification des mots et à tout ce qu’ils suggèrent, de tendresse ou d’angoisse, mais aussi aux images, presque toujours chargées d’une mystérieuse signification.
Éditions
© Heugel 1914
Remarques
Le 15 juillet 2005, une nouvelle orchestration de Mauricio Bonifacio est créée par Michelle Canniccioni (Hébé), Letitia Singleton (Anne), Lorenzo Carola (Léonard), Randal Turner (Alexandre) et la Camerata Strumentale Città di Prato sous la direction de Luca Pfaff à Sienne.
Il existe une transcription inédite pour deux pianos du Prélude achevée en 1913 par Nadia Boulanger.
© Anthony Girard