Mon âme est une infante
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Albert Samain |
| Date | 1906 |
| Durée | 6min |
Commentaires
Ce beau poème de la désillusion, de la résignation, des regrets d’un passé révolu était de nature à inspirer Nadia Boulanger. Hélas, le manuscrit de cette mélodie (composée du 29 août au 1er septembre 1906) nous est parvenu à l’état d’ébauche, sans nuances ni indications de tempo, avec des portées vides, des dispositions d’accords incomplètes et quelques incertitudes sur certaines notes. Cette composition reste cependant digne d’intérêt, notamment pour la multiplicité des images et émotions qui se déclinent au fur et à mesure des sept quatrains du poème d’Albert Samain. La ligne vocale est finement ouvragée et privilégie le renouvellement continu des idées mélodiques, chaque strophe débutant par un motif nouveau. L’écriture de la voix est variée. Parfois elle s’attarde sur quelques notes graves, en articulant chaque mot (« Ainsi qu’une galère oubliée en la rade »). À d’autres instants, elle privilégie les courbes lyriques, les lignes ascendantes où la voix se déploie (« Lui lit d’ensorcelants poèmes à mi-voix »). Le poème offre de belles occasions de contrastes, comme par exemple sur « Allume en elle tous les rubis de l’orgueil » d’un éclat rayonnant, auquel succède « Mais d’un sourire triste elle apaise ses fièvres », à prononcer dans un murmure, très librement. De manière similaire, l’harmonie alterne entre modalité archaïsante pour évoquer les anciens temps, enchaînements tonals propres à soutenir des phrases modulantes de grande envergure, et couleurs énigmatiques, là où il s’agit de faire apparaître les émotions secrètes d’une intime solitude.
Éditions
© Leduc 2020
Remarques
Cette mélodie est parue dans le volume III des Mélodies pour voix moyenne, où elle est intitulée simplement Mon âme.
© Anthony Girard