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Mon cœur


Nadia Boulanger
Effectif une voix et piano
Texte Albert Samain
Date 1906
Durée 2min

Commentaires


Cette mélodie intimiste, composée à l’âge de 19 ans, confirme le penchant de Nadia Boulanger pour la mélancolie. Du poème d’Albert Samain, en huit tercets, la jeune compositrice supprime les cinquième et sixième qui auraient apporté à cette complainte une touche légère. Les autres strophes ne s’éloignent guère d’une atmosphère d’élégie, d’un climat de secrète amertume. Dans la tonalité de mi bémol mineur, celle à laquelle les compositeurs ont parfois recours pour partager un sentiment de détresse, la voix énonce un motif semblable à celui d’une chanson médiévale ; celui-ci reviendra au piano au début de chaque strophe, à l’exception de l’avant-dernière, à la manière d’une ritournelle. Cette avant-dernière strophe (« Et quand tu le ferais souffrir ») apporte un contraste par un surcroît d’intensité : la voix chute sur un do bémol grave pour souligner « mourir », puis s’élève avec vigueur et une soudaine théâtralité sur le fa aigu, en appuyant le « doute ». La dernière strophe nous réserve une surprise, l’harmonie modulant soudain vers la majeur, la polarité opposée à mi bémol mineur, pour souligner « les larmes » avec une courbe vocale émouvante.

Éditions


© Leduc 2020

Remarques


Cette mélodie, dont le manuscrit est resté inachevé, est parue dans le volume III des Mélodies pour voix moyenne.

 

© Anthony Girard

Enregistrements