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Ilda


Nadia Boulanger
Effectif une voix et piano
Texte Albert Samain
Date 1906
Durée 3min

Commentaires


Ce très beau poème d’Albert Samain évoque une femme mystérieuse, triste, douce, silencieuse et pâle. Dans l’aigu du clavier un , disposé en octave comme le tintement d’une petite cloche, s’installe en ostinato du début à la fin de manière à créer une atmosphère statique et intemporelle. Pour commencer, l’écriture harmonique, en modal, est claire et diaphane. La ligne mélodique épouse les contours d’un plain-chant, ce qui contribue à créer une atmosphère recueillie, presque mystique. Peu à peu, dès la deuxième strophe (« Par un étrange sortilège »), l’harmonie devient plus étrange et incertaine avant de s’immobiliser sur un accord de sol, alternativement majeur et mineur, tandis que la voix s’élève un peu, sans pour autant abandonner un timbre voilé, dissimulant l’émotion, aucun signe ne suggérant une nuance plus significative. D’ailleurs, la partition ne donne aucune information dans ce domaine, seul un pianissimo mesure 38, et pas davantage d’indication de tempo. La troisième strophe (« Triste avec passion ») restaure le diatonisme placide des mesures initiales, et s’assombrit soudain sur le vers « Tout ce qui la touchait s’imprégnait de mystère », la voix s’immobilisant sur un grave sur lequel elle reviendra pour souligner le mutisme étrange de cette énigmatique inconnue sur les mots : « Avec une pudeur farouche de sa voix ». Là, le mot « pudeur » l’emporte sur « farouche », de même « volupté », dans le dernier vers, ne fait l’objet d’aucune intention expressive, toute l’écriture convergeant vers le silence.

Éditions


© Leduc 2020

Remarques


Cette mélodie est parue dans le Volume III des Mélodies pour voix moyenne.

 

© Anthony Girard

Enregistrements