Élégie
| Effectif | une voix et piano |
| Texte | Albert Samain |
| Date | 1906 |
| Création | Le 6 janvier 1907 par Marcelle Demougeot (soprano) et Nadia Boulanger (piano) au domicile de la famille Boulanger (36 rue Ballu) à Paris |
| Durée | 3min |
Commentaires
Mélodie remarquable où s’entremêlent la mystérieuse douceur de la nuit étoilée dans les teintes feutrées du ton de ré bémol majeur (associé à la rêverie), et des élans sensuels et passionnés dans un tempo plus animé, portés par une harmonie plus tendue et « fiévreuse ». Ainsi se dessinent les deux premières strophes, tandis que la troisième revient au tempo initial pour introduire un flux languide de croches ternaires qui précède un élan vigoureux, lors de la quatrième strophe, vers une première culmination d’un émouvant lyrisme (« Et de mon cœur vibrant encore »). Sans césure, la cinquième strophe élargit le tempo et offre à la voix l’opportunité de souligner encore davantage la valeur de chaque mot : « Pour tous ceux là, qui n’ont point dans leur cœur ». Nadia Boulanger excelle dans les oppositions de tonalités opposées où l’éclat précède la pénombre : après cette seconde culmination en la majeur, c’est le retour du ton de ré bémol majeur, teinté de chromatismes. La conclusion, au piano, prolonge avec une douce intensité, mais sans s’alanguir, le dernier vers du poème : « Un nom à sangloter tout bas ».
Éditions
© Heugel 1909
© Leduc 2003
Remarques
Cette mélodie est parue dans le volume I des Mélodies pour voix moyenne.
En janvier 1907, Nadia Boulanger a réalisé de cette mélodie une version orchestrale, restée inédite, qui a été créée le 24 janvier 1909 par Marcelle Demougeot (soprano) et l’orchestre des Concerts Lamoureux sous la direction de Camille Chevillard à la salle Gaveau à Paris.
© Anthony Girard