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D’un soir triste
| Compositrice | Lili Boulanger |
| Effectif | Trio |
| Autres versions | D'un soir triste (Orchestre) D'un soir triste (Violoncelle et piano) |
| Date | 1917-1918 |
| Création | Le 8 février 1919 par Maurice Hayot (violon), André Hekking (violoncelle) et Nadia Boulanger (piano) à la salle de la Société des concerts (salle de l’Ancien Conservatoire) dans le cadre du 419e concert de la Société nationale de musique |
| Durée | 11min |
Commentaire
Dans sa version originale pour violon, violoncelle et piano, cette pièce est la première d’un dyptique, où elle précède D’un matin de printemps. Le titre D‘un soir triste suggère une pièce à caractère mélancolique, dissimulant ainsi par une litote sa véritable envergure : déploration funèbre, pressentiment de la mort, révolte, plainte solitaire, repli dans l’univers des rêves, tentative de conjurer le sort par un surcroit de vitalité, puis infime lueur. Telle est la trame de cette étonnante partition composée dans un moment de détresse.
L’œuvre débute à la manière d’une élégie, dans un climat d’une certaine austérité. Peu à peu, le tempo s’anime, l’écriture devient plus mouvementée, l’harmonie plus tendue. Le ton introverti évolue vers celui de la douleur intense. La clarté et la lumière affleurent un instant, mais la progression dramatique se poursuit aboutissant à une très brève culmination : un accord violent et sec, auquel succède un épisode lent, mystérieux et funèbre, comme une soudaine vison de l’enfer, d’où émergeraient dans le lointain des pleurs lugubres. Ce qui suit est totalement inattendu : un ostinato s’installe, irisé d’harmonies rares et colorées qui nous transportent dans l’univers des songes, des souvenirs. La mélodie se hisse peu à peu vers l’aigu et gagne en intensité, puis le rêve s’étiole. L’écriture devient soudain théâtrale et menaçante (un bref passage resté inachevé que Nadia a reconstitué). La réexposition débute dans une atmosphère de lassitude, de découragement, mais progresse toutefois vers une culmination dont l’euphorie sera brisée par des accords d’une grande âpreté. Le caractère élégiaque revient pour conclure, avec un sentiment douloureux interrompu l’espace d’un instant par une harmonie claire et lumineuse. Mais l’œuvre se termine sans espoir, laissant à D’un matin de printemps, la pièce qui lui succède, l’opportunité d’un extrême contraste, celui de recourir à la joie, fut-elle éphémère.
Éditions
© 2007 by Durand
Remarques
Les éditions actuelles de la version en trio souffrent de nombreuses erreurs et imprécisions. Une édition révisée est en cours.