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Psaume 130 « Du fond de l’abîme »
| Compositrice | Lili Boulanger |
| Effectif | Choeur, solistes et orchestre |
| Date | 1914-1917 |
| Création | Le 17 janvier 1923 par la classe d’ensemble vocal du Conservatoire et l’orchestre de l’Opéra sous la direction de Henri Busser et Nadia Boulanger à l’orgue dans la salle du Conservatoire de Paris (« Audition des envois de Rome des œuvres de Lili Boulanger ») |
| Durée | 25min |
| Dédicataire | Ernest Boulanger |
Commentaire
Composé pour solistes, chœur et orchestre en 1916, il s’agit du troisième Psaume de Lili Boulanger, de plus grande envergure que les deux précédents. L’œuvre débute dans une atmosphère angoissée. La simplicité modale du motif initial suggère un climat de recueillement religieux, tandis que l’orchestre installe une harmonie sombre d’où émergent des élans successifs ; les culminations sont semblables à des plaintes douloureuses. L’introduction orchestrale s’apparente à un prélude d’opéra annonçant des évènements tragiques, quelques motifs confiés aux trompettes et trombones symbolisant des personnages héroïques prêts à braver le destin. La musique se replie vers les ténèbres, la sonorité lugubre des trombones avec sourdine préparant l’entrée du chœur : « Du fond de l’abîme, écoute ma prière ». Cette incantation a des sursauts de véhémence ; elle s’installe dans un climat de lamentation mais aussi de confiance, la richesse de l’harmonie apportant une réelle profondeur émotionnelle. L’œuvre ne se limite pas à une simple mise en musique du texte, elle est portée par une construction dramatique de grande envergure qui explore les différentes facettes expressives des images du Psaume. Ainsi, les premiers mots « Du fond de l’abîme… », s’ils ont été énoncés d’abord dans une couleur très sombre, peuvent apparaître aussi au somment d’une culmination orchestrale, avec un sentiment de révolte, ou bien, à l’opposé, comme c’est le cas au moment de la conclusion, dans la douceur et la résignation. Le texte, repris plusieurs fois, est ainsi le support d’un vaste poème symphonique dominé tantôt par l’orchestre tantôt par le chœur. L’épisode central, à partir du chiffre 17, est l’un des plus remarquables : l’écriture instrumentale déploie autour de la voix de contralto solo un écrin surnaturel, un flottement intemporel d’une intense ferveur mystique.
Éditions
© 1925 by Durand
Remarques
Cette partition est disponible dans une version pour contralto, ténor, chœur et piano, une autre pour contralto, ténor, chœur et deux pianos, de la main de Nadia Boulanger.