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Dans l’immense tristesse
| Compositrice | Lili Boulanger |
| Effectif | Une voix et clavier |
| Texte | Bertha Galeron de Calonne |
| Date | 1916 |
| Création | Le 15 novembre 1917 par Jan Reder (baryton) et Nadia Boulanger (piano) au Parthénon dans le cadre d’un festival de musique féminine |
| Durée | 6min |
| Dédicataire | Claire Croiza |
Commentaire
En introduction, des accords de quinte disposés dans le grave évoquent la minéralité sinistre d’un cimetière dans la pénombre. Suivant le rythme d’une lente sarabande, une femme s’avance à travers les tombes. Une cloche tinte délicatement, tandis que la voix interroge cette ombre mystérieuse. L’harmonie devient peu à peu plus douloureuse, les intonations vocales plus expressives, l’écriture pianistique alternant de brefs scintillements évoquant la lune et d’âpres dissonances. L’image de l’enfant pleurant auprès de sa mère défunte amène une touche de tendresse passagère, assombrie par des harmonies plaintives. La mélodie s’achève dans une atmosphère apaisée mais toujours très sombre. Et tandis que l’enfant s’endort, une voix d’outre-tombe énonce avec douceur la berceuse « Do-do, l’enfant do ».
Dans cette belle mélodie, révélatrice d’une sensibilité vibrante et d’une rare acuité, Lili Boulanger trouve le juste équilibre entre l’intensité narrative d’une petite scène lyrique très émouvante, qui évolue de la fragilité à la douleur, et l’évocation d’une atmosphère nocturne, pesante et morbide. La partie vocale, où chaque syllabe est nettement perceptible, est écrite dans les registres médium et grave, couleurs contribuant à distiller tantôt une atmosphère de désolation, tantôt une frêle lueur d’espoir.
Éditions
© 2000 by Durand
© 1919-1979 by Schirmer
Remarques
Les quatre mélodies de Lili Boulanger sont éditées en recueil, avec des intitulés différents : Quatre chants pour voix et piano par les Éditions Schirmer, et Quatre mélodies pour chant et piano par les Éditions Durand. L’ordre des mélodies n’est pas le même.
Dans l’immense tristesse a fait l’objet de deux transcriptions par Nadia Boulanger, toutes deux restées inédites : l’une pour voix et orgue, destinée à être interprétée lors de la messe commémorative annuelle de la mort de Lili Boulanger, l’autre pour voix, quatuor à cordes, harpe et orgue.