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D’un vieux jardin


Compositrice Lili Boulanger
Effectif Piano
Date 1914
Création

?

Durée 3min
Dédicataire

Lily Jumel

Commentaire


Cette courte pièce est un émouvant paysage de l’âme. Dès l’énoncé initial se succèdent des harmonies mineures et majeures qui jouent sur la pénombre et la clarté, juxtaposant des couleurs vives et opposées, semblables aux vibrations lumineuses qui émanent des toiles fauves de Maurice de Vlaminck. La ligne mélodique se déploie librement à partir d’un motif qui suit une courbe descendante à laquelle un chromatisme apporte une touche de mélancolie. Cette voix expressive se renouvelle continuellement. Parfois, elle s’élève vers l’aigu, portée par un sentiment d’exaltation, mais son tropisme est celui de la tristesse, de la désolation. Cet aspect prend une ampleur inattendue lors du retour de l’idée principale, enrichie d’un nouveau contrechant. À ce moment-là, l’écriture pianistique s’élargit pour donner la sensation d’une culmination orchestrale, d’une grande intensité. Pour conclure, la pièce évolue vers le registre grave, toujours à la recherche d’harmonies rares, jusqu’à l’accord final, avec son ambivalence modale majeur-mineur. Là, une figure arpégée se hisse brièvement vers la lumière avant de laisser place à deux notes graves, très douces et semblables à un glas.

Éditions


1918-1979 by Schirmer

Remarques


D’un vieux jardin est la première des trois pièces éditées sous le titre Trois morceaux pour piano. Il existe une transcription pour quatuor à cordes de Nadia Boulanger, restée inédite, et plusieurs orchestrations dont celle d’Anthony Girard.