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La source
| Compositrice | Lili Boulanger |
| Effectif | Choeur et piano |
| Texte | Leconte de Lisle |
| Date | 1912 |
| Création | Le 19 mars 2000 par le Philharmonia Chor Stuttgart sous la direction de Helmut Wolf au Neues Schloss à Stuttgart |
| Durée | 4min |
Commentaire
Une profusion de trilles scintille au piano dans la rayonnante tonalité de Si majeur pour évoquer le jaillissement de la source (« Une eau vive étincelle… »). La polyphonie chorale, fluide et aérée, apporte une sensation de luxuriance florale d’une grande séduction, l’harmonie se renouvelant par de subtiles colorations. Selon le modèle suivi dans les précédentes compositions analogues pour chœur et piano, les deux premières strophes sont écrites à une voix, ténors puis contraltos. L’écriture pianistique est disposée sur plusieurs plans sonores, comme les prémisses d’une réalisation orchestrale. Une arabesque se déploie, en écho aux « flûtes divines » des pasteurs, sans abandonner les trilles qui perpétuent l’évocation du scintillement des eaux. Lors de la troisième strophe, l’écriture du piano évolue : il s’agit peut-être ici d’évoquer le vol des ramiers. Encouragée par la syntaxe si finement ouvragée du poème, Lili Boulanger déploie son enchantement par de belles colorations harmoniques. Le figuralisme de la source réapparaît pour la dernière strophe, tandis que le chœur s’étoffe peu à peu dans une écriture librement imitative pleine d’aisance. À l’aboutissement de cette progression finale, on devine le foisonnement de l’orchestre et l’éclat de son instrumentation. C’est une des rares compositions de Lili Boulanger où le bonheur est omniprésent, où l’on sent combien la jeune musicienne est désireuse de partager à travers la musique son amour de la nature et son émerveillement.
Éditions
© 2000 by Durand
Remarques
La partition ne comporte aucune indication de nuance, en conformité avec le manuscrit original, resté inachevé de ce point de vue-là. Il s’agissait d’un travail réalisé lors du concours d’essai du Prix de Rome en mai 1912. La version orchestrale, également composée en loge, est inédite.