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Sous-bois
| Compositrice | Lili Boulanger |
| Effectif | Choeur et piano |
| Texte | Philippe Gille |
| Date | 1911 |
| Création | Le 19 mars 2000 par le Philharmonia Chor Stuttgart sous la direction de Helmut Wolf au Neues Schloss à Stuttgart |
| Durée | 6min |
Commentaire
Le poème est introduit par un piano cristallin qui évoque, avec délicatesse, la douceur des sous-bois au clair de lune. Le chœur vient se glisser dans cette harmonie feutrée et panthéiste. Les ténors se retrouvent seuls dès le deuxième vers, où l’évocation de l’oiseau suscite au piano une mélopée sinueuse, notée « avec charme ». Le chœur renonce ici à tout contrepoint, la jeune compositrice réitérant deux fois les 2ème et 3ème vers pour prolonger cet épisode contemplatif, le piano venant souligner succinctement « l’ombre des bois » par un accord altéré. Le chœur est disposé en homophonie, avec des harmonies plus élaborées, pour mettre en valeur une complicité amoureuse (« Nos cœurs sont d’accord… »). La seconde strophe, en mode recitativo, est confiée aux seuls sopranos, avec des accords rares, une émotion « mélancolique, presque triste », en parfaite résonance avec le poème (« Pourquoi faut-il que tout s’efface ? »). La troisième strophe retrouve l’écriture aérée de l’introduction, puis évolue soudain en crescendo vers une culmination triple forte (« …chanter de nouvelles amours »). Seules les basses, doublées ensuite par les ténors, sont présentes ici. La dernière strophe revient à un climat très apaisé. L’harmonie évolue sur un bourdon de ré bémol majeur, le chœur étant disposé en canon à deux voix. Les mots « larmes » puis « bonheur » sont associés à de légères variations de couleur, mais c’est la « douceur » qui l’emporte, les voix s’éteignant « comme un murmure ».
Éditions
© 2000 by Durand
Remarques
Il s’agit d’un travail imposé à Lili Boulanger par son professeur Georges Caussade, en vue de la préparer aux épreuves préliminaires du prix de Rome, l’année suivante. Cette composition est révélatrice d’un réel talent, mais témoigne d’un manque d’expérience. L’écriture chorale présente quelques faiblesses, faute d’élaboration polyphonique, qui disparaîtront de ses compositions ultérieures.